Les équipes scientifiques qui doivent communiquer nous posent souvent la même question : par quoi commencer pour apprendre à vulgariser ? Voici quinze références que nous recommandons, classées par format. Chacune est accompagnée de ce qu'elle apprend concrètement à quelqu'un qui écrit pour une entreprise biotech, medtech ou deeptech.
La sélection privilégie des œuvres et des programmes accessibles en français, avec quelques exceptions en anglais quand le format n'a pas d'équivalent.
Sommaire
Cinq livres
Le modèle du livre qui traite un sujet difficile sans équation, ou presque. À lire pour la progression : chaque chapitre ne suppose que le précédent.
Une thèse scientifique portée par une métaphore assumée, et discutée par l'auteur lui-même. Utile pour comprendre ce qu'une image forte apporte, et ce qu'elle coûte.
La démonstration qu'un ton personnel et une langue soignée ne nuisent pas à la rigueur. À lire pour le rythme des phrases.
Un non-scientifique raconte la science par ses acteurs et ses anecdotes. Utile pour apprendre à donner un visage aux résultats, ce qui manque à beaucoup de contenus d'entreprise.
Le lecteur est mis en scène dans l'explication. Un bon exemple de ce que la deuxième personne permet dans un texte de vulgarisation.
Trois podcasts et émissions
Une heure quotidienne avec des chercheurs invités. À écouter pour la manière dont les journalistes reformulent une réponse trop technique sans vexer l'invité : c'est exactement le travail d'un rédacteur scientifique face à un expert.
Un format court centré sur une actualité. Utile pour voir comment on extrait une idée d'un article de recherche et comment on la contextualise en quelques minutes.
Un podcast indépendant et de longue date, animé par des passionnés. Intéressant pour la diversité des sujets et pour la façon dont une communauté corrige et enrichit les épisodes.
Quatre chaînes vidéo
Des vidéos structurées comme des démonstrations, avec une gradation constante de la difficulté. À regarder pour l'art de dire « on va simplifier ici » sans perdre la confiance du spectateur.
La biologie racontée par des questions inattendues. Un exemple de choix d'angle : le sujet est le même que dans un manuel, l'entrée est différente.
Des formats très courts produits par un organisme de recherche. Utile pour voir comment une institution parle de ses propres travaux sans autopromotion.
Des animations qui expliquent des mécanismes complexes avec un vocabulaire visuel cohérent d'une vidéo à l'autre. À étudier pour la grammaire visuelle : formes, couleurs et mouvements ont un sens stable.
Trois magazines
« Pour la Science », édition française de Scientific American. Des articles écrits par des chercheurs et retravaillés par une rédaction : la meilleure école pour observer le passage d'un texte d'expert à un texte lisible.
« Epsiloon », lancé en 2021 par d'anciens journalistes de Science & Vie. À lire pour la hiérarchie de l'information et l'usage des infographies.
Un niveau plus exigeant, proche des revues, qui montre jusqu'où on peut aller sans perdre un lecteur cultivé mais non spécialiste.
Comment s'en servir dans une entreprise
Lire ne suffit pas ; il faut extraire des règles. Nous proposons aux équipes que nous accompagnons un exercice simple : pour chaque référence, noter une technique observée (une analogie, une transition, une manière d'annoncer une simplification) et l'appliquer à un paragraphe de leur propre contenu.
La progression d'un chapitre à l'autre, et l'annonce des simplifications.
La reformulation d'une réponse d'expert, et la contextualisation d'un résultat.
Le choix de l'angle et la cohérence du vocabulaire visuel.
La hiérarchie de l'information et le travail éditorial sur un texte d'expert.
