Livres, podcasts et chaînes : 15 références pour apprendre la vulgarisation scientifique

Une sélection commentée, du classique au format court, pour les équipes qui doivent expliquer leur science.

Par Benoit Martin, co-fondateur de DigiObs5 septembre 20263 min de lecture

Les équipes scientifiques qui doivent communiquer nous posent souvent la même question : par quoi commencer pour apprendre à vulgariser ? Voici quinze références que nous recommandons, classées par format. Chacune est accompagnée de ce qu'elle apprend concrètement à quelqu'un qui écrit pour une entreprise biotech, medtech ou deeptech.

La sélection privilégie des œuvres et des programmes accessibles en français, avec quelques exceptions en anglais quand le format n'a pas d'équivalent.

Sommaire
  1. Cinq livres
  2. Trois podcasts et émissions
  3. Quatre chaînes vidéo
  4. Trois magazines
  5. Comment s'en servir dans une entreprise
  6. Pour aller plus loin

Cinq livres

« Une brève histoire du temps », Stephen Hawking (1988)

Le modèle du livre qui traite un sujet difficile sans équation, ou presque. À lire pour la progression : chaque chapitre ne suppose que le précédent.

« Le Gène égoïste », Richard Dawkins (1976)

Une thèse scientifique portée par une métaphore assumée, et discutée par l'auteur lui-même. Utile pour comprendre ce qu'une image forte apporte, et ce qu'elle coûte.

« Patience dans l'azur », Hubert Reeves (1981)

La démonstration qu'un ton personnel et une langue soignée ne nuisent pas à la rigueur. À lire pour le rythme des phrases.

« Une histoire de tout, ou presque… », Bill Bryson (2003)

Un non-scientifique raconte la science par ses acteurs et ses anecdotes. Utile pour apprendre à donner un visage aux résultats, ce qui manque à beaucoup de contenus d'entreprise.

« L'Univers à portée de main », Christophe Galfard (2015)

Le lecteur est mis en scène dans l'explication. Un bon exemple de ce que la deuxième personne permet dans un texte de vulgarisation.

Trois podcasts et émissions

« La Science, CQFD » (France Culture)

Une heure quotidienne avec des chercheurs invités. À écouter pour la manière dont les journalistes reformulent une réponse trop technique sans vexer l'invité : c'est exactement le travail d'un rédacteur scientifique face à un expert.

« Sixième Science » (20 Minutes et Sciences et Avenir)

Un format court centré sur une actualité. Utile pour voir comment on extrait une idée d'un article de recherche et comment on la contextualise en quelques minutes.

« Podcast Science »

Un podcast indépendant et de longue date, animé par des passionnés. Intéressant pour la diversité des sujets et pour la façon dont une communauté corrige et enrichit les épisodes.

Quatre chaînes vidéo

ScienceEtonnante (David Louapre)

Des vidéos structurées comme des démonstrations, avec une gradation constante de la difficulté. À regarder pour l'art de dire « on va simplifier ici » sans perdre la confiance du spectateur.

Dirty Biology (Léo Grasset)

La biologie racontée par des questions inattendues. Un exemple de choix d'angle : le sujet est le même que dans un manuel, l'entrée est différente.

Zeste de Science (CNRS)

Des formats très courts produits par un organisme de recherche. Utile pour voir comment une institution parle de ses propres travaux sans autopromotion.

Kurzgesagt (en anglais)

Des animations qui expliquent des mécanismes complexes avec un vocabulaire visuel cohérent d'une vidéo à l'autre. À étudier pour la grammaire visuelle : formes, couleurs et mouvements ont un sens stable.

Trois magazines

« Pour la Science », édition française de Scientific American. Des articles écrits par des chercheurs et retravaillés par une rédaction : la meilleure école pour observer le passage d'un texte d'expert à un texte lisible.

« Epsiloon », lancé en 2021 par d'anciens journalistes de Science & Vie. À lire pour la hiérarchie de l'information et l'usage des infographies.

« La Recherche »

Un niveau plus exigeant, proche des revues, qui montre jusqu'où on peut aller sans perdre un lecteur cultivé mais non spécialiste.

Comment s'en servir dans une entreprise

Lire ne suffit pas ; il faut extraire des règles. Nous proposons aux équipes que nous accompagnons un exercice simple : pour chaque référence, noter une technique observée (une analogie, une transition, une manière d'annoncer une simplification) et l'appliquer à un paragraphe de leur propre contenu.

Livres

La progression d'un chapitre à l'autre, et l'annonce des simplifications.

Podcasts

La reformulation d'une réponse d'expert, et la contextualisation d'un résultat.

Vidéos

Le choix de l'angle et la cohérence du vocabulaire visuel.

Magazines

La hiérarchie de l'information et le travail éditorial sur un texte d'expert.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Par quel livre commencer pour apprendre la vulgarisation scientifique ?

« Une brève histoire du temps » de Stephen Hawking reste la meilleure entrée : un sujet difficile, une progression exemplaire et presque aucune équation. Pour un lecteur pressé, « L'Univers à portée de main » de Christophe Galfard est plus court et tout aussi instructif sur la méthode.

Elles donnent les techniques. Il manque deux choses qu'un accompagnement apporte : la connaissance du public cible (acheteur, clinicien, investisseur) et une relecture scientifique qui garantit que la simplification ne trahit pas les données.

Oui, dans les universités, dans certains organismes de recherche et auprès d'associations de vulgarisateurs. Pour une équipe d'entreprise, une formation courte suivie d'un travail sur ses propres contenus est plus efficace qu'un cursus généraliste.

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